éco-responsables

1. Mangez des produits de saison

Produire hors saison est beaucoup plus polluant car il faut cultiver sous serre et donc chauffer. Une tomate qui a poussé en hiver est dix fois plus polluante que celle ayant poussé sous serre l’été, sans chauffage. Et elle aura en outre beaucoup moins de goût. Le premier des principes écoresponsables est donc de respecter les saisons ! Référez-vous au calendrier des saisons ci-joint. Et si vous rêvez de tomates en hiver, pensez à faire des bocaux ou réalisez des sauces tomates et congelez-les à la fin de l’été !

2. Devenez locavore

Privilégiez les légumes, fruits, fromages et viandes produits à côté de chez vous. Non seulement vous limiterez l’empreinte carbone mais de plus, vous rémunérerez mieux les agriculteurs en supprimant les intermédiaires. Sans parler du goût des produits, bien meilleur que les produits achetés en supermarchés… Si vous devez prendre votre voiture, essayez de regrouper les achats dans un même lieu.

Privilégiez :

  • Les Magasins collectifs ou marchés de producteurs : vous achetez des produits locaux et sans intermédiaires inutiles.
  • Les AMAP (Associations pour le maintien d’une Agriculture Paysanne). Le système n’est pas très souple car vous n’avez pas le choix des produits proposés, vous recevez votre panier chaque semaine, et, en général, vous vous engagez pour un an. Mais vous soutenez une bonne cause, vous vous engagez à fournir une meilleure rémunération aux agriculteurs. Et c’est important, ils sont tellement fragilisés par la grande distribution ! 
  • « La ruche qui dit oui ». Après avoir testé plusieurs formules, c’est celle que je préfère à ce jour… Vous pouvez choisir et commander vos produits en ligne. Le responsable de la Ruche centralise toutes les commandes et achète directement auprès des agriculteurs et artisans qu’il sélectionne – en général bio – dans sa région. Puis les producteurs distribuent leurs produits eux-mêmes. Soit vous récupérez votre commande vous-même et discutez avec les producteurs, l’ambiance est très conviviale !, soit vous vous faites livrer. Trouvez une Ruche près de chez vous en consultant leur site, le réseau est aujourd’hui très développé !
  • Les fermes. Le réseau « Bienvenue à la ferme » fédère des milliers d’agriculteurs qui pratiquent la vente directe, consultez leur site pour trouver une ferme près de chez vous. Il y a même un système de Drive-fermier où vous pouvez désormais commander vos produits en ligne.
  • Les cueillettes. Le réseau « Chapeau de Paille » regroupe des fermes qui ouvrent leurs potagers aux consommateurs pour récolter les produits, comme « La ferme de Gally », la ferme de Viltain, etc., la liste est longue, consultez leur site ! Super activité à faire en famille le week-end !
  • Les coopératives de consommateurs, qui privilégient les produits locaux et bio, comme La Louve à Paris, Supercoop à Bordeaux, Superquinquin à Lille, La Chouette Coop à Toulouse, etc. Chacun donne de son temps (en général 3h00 par mois) pour avoir des produits moins chers et surtout de meilleure qualité. 
  • Les épiceries paysannes comme Au bout du Champ (les produits sont en libre-service et disposés dans des casiers),  Humphris, etc., à Paris, ou Les Pissenlits à Marseille, Cœur Paysan à Colmar, et beaucoup d’autres…, qui proposent des produits locaux et ultra-frais.

Et cette liste est loin d’être exhaustive ! Il y a également de nombreux sites en ligne qui se sont lancés sur ce créneau des produits fermiers en circuit court, pardon à tous ceux que je n’ai pas cité !

Concernant les fruits exotiques : limitez leur consommation, privilégiez l’origine française et achetez bio.

3. Acheter bio le plus possible

Et si vous êtes déjà archi convaincu des bienfaits du bio ;-), privilégiez les labels ci-dessous car la réglementation européenne est beaucoup moins exigeante que celle de l’ancienne agriculture biologique française :

BIO COHÉRENCE : les critères de qualité sont plus exigeants que ceux proposés par le label bio européen. Pour plus d’infos, cliquez ici.

NATURE ET PROGRÈS : cette association juge la règlementation européenne sur le bio trop laxiste. Les exploitations sont contrôlées par des producteurs et des consommateurs. Pour plus d’infos, cliquez ici.

DEMETER : les produits certifiés par l’organisme de contrôle Demeter répondent aux règles de la biodynamie, plus strictes que celles de l’agriculture bio. Pour plus d’infos, cliquez-ici.

Mais si vous achetez le label Agriculture Biologique, ce sera déjà très bien ! 😉

 4. Limitez au maximum votre consommation de viande

Sans parler de certains abattoirs qui donnent lieu aux pires souffrances, ni des conditions de vie épouvantables des animaux dans les élevages de masse, l’impact sur l’environnement, sur notre santé et sur la pauvreté dans le monde devraient nous faire réduire considérablement notre consommation de viande…

Quelques chiffres issus du livre de Matthieu Ricard, « Plaidoyer sur les animaux »: 

  • L’élevage contribue à 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre,
  • L’élevage est responsable de 70 % de la déforestation actuelle,
  • 1 hectare de terre peut nourrir 50 végétariens ou … 2 carnivores,
  • Aux US, 80% de l’eau potable sert à l’élevage des animaux,
  • Un végane contribue 2,5 fois moins au réchauffement climatique qu’un mangeur de viande normal.

5. Choisissez un produit de la mer durable et diminuez votre consommation de poisson  

  • N’achetez plus les espèces menacées ! Téléchargez les appli « PLANET OCEAN » et « ÉTIQUET’TABLE » pour savoir quelles variétés acheter.
    Privilégiez les variétés de saison et les plus abondantes. Les stocks de poisson sauvages s’effondrent de manière alarmante en raison de la surpêche, les écosystèmes marins n’ont pas le temps de se régénérer… Sans parler des problèmes de pollution et de maladies souvent liés à l’aquaculture… Pour les produits d’élevage, privilégiez les labels AB.
  • Choisissez des poisonneries qui privilégient les techniques de pêche douce, respectueuse de l’environnement : sans longs filets et gros chalutiers qui raclent les fond marins… Si vous n’en trouvez pas près de chez vous, commandez en ligne sur le site « Poiscaille ».
  • Redécouvrez les espèces oubliées comme le mulet, le chinchard, le tacaud…

6. Limitez les emballages

Plus un produit est emballé, plus il est polluant. Récemment, chez un grand pâtissier parisien que je nommerai pas, les tranches individuelles de cake étaient vendues dans un emballage en plastique rigide avec un étui en carton par-dessus ! Il faut arrêter ce suremballage ! 

  • Privilégiez les aliments en vrac. Ils ne sont plus réservés aux magasins bio, de plus en plus de grandes surfaces les proposent. Achetez des sacs en coton que vous remplirez sur place et que vous transvaserez, de retour à la maison, dans des bocaux en verre.
    Conservez vos boîtes d’œufs pour pouvoir les réutiliser et acheter vos œufs à l’unité.
    Un super réseau d’épiceries en vrac a vu le jour :
    Day by Day. Non seulement vous éliminez les emballages mais en plus vous limitez le gaspillage car vous n’achetez que ce dont vous avez besoin… Vous pouvez même venir directement avec vos bocaux en verre ! Consultez leur site pour trouver un magasin près de chez vous.
    À la boutique Maille, place de la Madeleine, vous pouvez apporter vos pots de moutarde vides, ils les rechargeront !  
  • Si vous achetez des aliments emballés, privilégiez les gros contenants. Vous ferez des économies : les produits en vrac et les gros contenants sont souvent de 10 à 40% moins chers que ceux emballés. 
  • N’achetez plus de bouteilles en plastique, buvez l’eau du robinet, elle est très bonne en France.
  • Utilisez des gourdes en verre (avec une housse en tissu rembourré pour la protéger des chocs) pour vos déplacements.
  • Remplissez vous-même vos capsules de café, en utilisant une capsule rechargeable. Vous en trouverez par exemple sur le site de Re use it ou sur de nombreux autres sites en ligne (HEMA, etc…).
  • Pour remplacer le film alimentaire et le papier aluminium, achetez les couvercles de la marque Lékué (ils s’adaptent super facilement sur toutes sortes de récipients grâce à leur effet ventouse) ou les feuilles de tissus lavables et réutilisables (pendant environ un an) de Bee’s wrapVous pouvez également découvrir l’art du furoshiki, cet art traditionnel japonais qui consiste à emballer dans une étoffe ;-). Vous trouverez des exemples de pliages en cliquant ici.

7. Choisissez des produits frais, non transformés

La transformation des produits par l’industrie agro-alimentaire est très polluante. Plus un plat est cuisiné, plus il sera impactant pour le climat. Sans parler de tous les additifs, conservateurs et autres produits qui sont très controversés pour votre santé… Cuisinez donc maison ! Vous êtes sur le bon site 😉

8. Limitez au maximum le gaspillage

  • Apprenez à cuisiner vos restes ou pensez à les congeler. Pensez également à congeler :
    – vos herbes aromatiques (ciselez-les dans des bacs à glaçons),
    – vos morceaux de gingembre (vous les râperez ensuite au fur et à mesure de vos besoins),
    – vos blancs d’œufs,
    – vos jaunes d’œufs (battus avec une pincée de sel). Consultez ma page  « Techniques et astuces de chefs » pour des idées de recettes pour vos blancs ou jaunes d’œufs inutilisés…
  • Pour garder le pain frais plus longtemps, emballez-le dans un torchon épais ou mettez une pomme dans votre boîte à pain. 
  • Vous avez trop de fruits ? Faites une compote, une salade de fruits ou coupez-les en lamelles sur une assiette : ils disparaîtront en un rien de temps !
  • N’achetez plus de grosses quantités de produits frais (fruits et légumes en particulier). Ils se périment vite. Consultez ma page « Bien choisir ses produits », vous serez étonné de lire que beaucoup de fruits et de légumes ne se gardent que 1 ou 2 jours et vous trouverez de nombreux conseils pour mieux les conserver. 
  • Apprenez à faire la différence entre les DLC et DDM :
    DLC = date limite de consommation. Sur l’étiquette, vous lirez : « À consommer jusqu’au … « . Les produits ne peuvent être commercialisés au-delà de la date indiquée car leur consommation « présente un danger immédiat pour la santé humaine ». La DLC est apposée sur les produits frais. Cependant, un peu de bon sens : vous pouvez tout à fait goûter un yaourt périmé de quelques jours et décider si vous pouvez le manger (mais personnes fragiles s’abstenir 😉 !).
    DDM : date de durabilité minimale. Sur l’étiquette vous lirez : « À consommer de préférence avant le… ». Alors là, vous avez tout de même un peu de marge ! Autant avec la DLC, il faut être vigilant, autant avec la DDM, à partir du moment où vos produits sont fermés et ont été conservés dans de bonnes conditions, vous pouvez les consommer bien au-delà de la date. Parfois jusqu’à un an après.
  • Dans les restaurants, n’hésitez pas à demander des « doggy bags », depuis le 1er janvier 2016, les restaurateurs ne peuvent plus refuser !
  • Si vous partez en vacances, donnez vos restes à un voisin !

9. N’utilisez plus de sacs, ni de vaisselle jetable en plastique !

  • Ayez toujours un petit cabas, filet à provision, sachet en tissu, etc. sur vous. Il existe de nombreux modèles qui, repliés, ne prennent pas de place et tiennent dans un sac à mains. Pour les grosses courses, utilisez des paniers, chariots, gros cabas…
  • N’utilisez plus de gobelets, couverts, pailles en plastique ! Remplacez-les par du verre, du bambou, de l’acier, etc. Investissez dans un kit de couverts réutilisables. Pensez aux tonnes de plastique qui sont déversées dans les océans !

10. Triez !

Imprimez la liste des déchets qui sont recyclables par type de poubelle (cliquez ici) et collez cette liste à l’intérieur d’un placard pour pouvoir la consulter facilement en cas de doute. Ou téléchargez l’appli « GuideDuTri » qui répondra à toutes vos questions. Aujourd’hui vous pouvez recycler beaucoup plus de choses – en tout cas à Paris, vérifiez que c’est bien le cas près de chez vous – en particulier tous les cartons et contenants en plastiques, même souillés, à partir du moment où ils sont vides. 

11. Compostez !

Vous pouvez même le faire en ville. J’ai un lombricomposteur dans ma cave. Il y a eu quelques ratés (problèmes de moucherons et vers qui se sauvaient, gloups !) mais je persévère ! J’espère que mon mari va tenir le coup également ! 😉 Pour plus d’infos, consultez le site Vers la terre.

12. Démarrez un mini-potager

Même en ville pour pouvez faire des choses ! Aménagez des bacs sur le rebord de votre  balcon ou de votre fenêtre, et plantez des herbes aromatiques, des variétés de tomates naines, etc. J’ai installé un potager sur le toit de mon garage et cela marche très bien ! Vous pouvez jardiner dans un jardin partagé de Paris (cliquez ici) ou louer des parcelles de potager aux alentours de Paris. Les jardins de petite taille peuvent être très productifs, en particulier si vous pratiquez la permaculture (pour plus d’infos sur la permaculture, consulter le site de la ferme du Bec Hellouin, un endroit extraordinaire où j’ai eu la chance d’assister à une formation !).

Pour conclure, ce sont toutes ces petites initiatives individuelles qui auront un fort impact sur l’environnement. Comme le dit si bien Pierre Rabhi, il faut être un colibri, et « faire sa part » pour éteindre l’incendie qui menace notre planète ! Aucun acte, aussi petit soit-il, n’est anodin !
Et ces recommandations ne concernent que la partie alimentaire, il y a beaucoup d’autres choses à faire ! :-))

 

Bibliographie :

– Mathilde Golla, « 100 jours sans supermarché » aux éditions Flammarion,
– Perrine et Charles Hervé-Gruyer, « Permaculture, guérir la terre, nourrir les hommes » aux éditions Actes Sud,
– François Pasteau, « Manger & cuisiner écoresponsable » aux éditions Hachette Cuisine,
– Matthieu Ricard, « Plaidoyer pour les animaux » aux éditions Pocket,
– Pierre Rabhi, « La puissance de la modération » aux éditions Hozhoni,
– Béa Johnson, « Zéro Déchet » aux éditions les arènes.